Le Gyro pour les Nuls ...
Le Gyro pour les Nuls ...
Avant tout, que doit-on dire ?
Autogyre, ou autogire ?
Bien que l’étymologie gréco romaine du mot fasse allusion à gyrare (tourner), la faculté ne reconnaît que l’orthographe autogire avec un i. En hommage peut être à son génial inventeur, Juan de la Cierva qui conçut cet extraordinaire appareil en 1923 et le nomma autogiro. Par contre, l’abréviation « gyro » est admise.
Pourquoi un gyro vole t’il ?
A ce jour, et malgré l’intervention de super cerveaux, le débat reste partiellement ouvert tant la réponse est complexe. De même que la terre devait être plate, que le bourdon ne doit pas décoller, l’autogire restera longtemps encore le résultat d’un surprenant hasard.
Il existe malgré tout une approche simplissime qui donnera certainement de l’urticaire aux puristes, mais me convient parfaitement. C’est une question de feeling.
Prenez une petite bandelette de papier léger, (du PQ par exemple) d’une quinzaine de cm.
Tenez-la par sa largeur, et soufflez vigoureusement comme sur le dessin :
1°Légèrement en dessous du papier, qui s’élève en ondulant un peu.
Puis de nouveau, mais :
2°Légèrement en dessus du papier, qui s’élève plus franchement, et de manière plus stable.

Tout se passe comme si le papier était aspiré vers le haut, ce qui est l’exacte vérité.
Explication
Les particules d’air redoutent la solitude et répugnent à se séparer. Si on les y contraint, elles n’ont de cesse de se retrouver.
Sans cette caractéristique essentielle de notre atmosphère, il eut été vain d’espérer s’y promener.
Imaginons donc un couple de particules d’une atmosphère raisonnablement polluée, et contraignons les deux éléments Roméo et Juliette à suivre des itinéraires différents (pas trop quand même).
A la fin du parcours, ils sont de nouveau réunis.
Les génies du logarithme népérien ont longuement étudié le phénomène et sont arrivés à la réponse suivante :
P x V = Cte
Ce qui signifie que dans un écoulement, le produit de la vitesse V d’une particule par sa pression P, reste toujours le même.
Ce qui fait que si on augmente la vitesse de la molécule d’air en lui faisant faire un détour comme sur le dessin, la pression de cette même molécule va automatiquement diminuer (c’est la magie de la chose).
Quand on a compris cela, ce qui fut mon cas après de longues heures de souffrance, il est inutile d’aller plus avant dans les formules arithmétiques, pour être en mesure de faire voler, au gré de son imagination, un bourdon, une vache ou un autogire.
Il suffit de créer un parcours d’obstacle qui motivera l’écoulement du fluide.
Ce qui s’appelle une aile
Et si elle tourne, un rotor
Une aile fonctionne si elle se déplace dans l’air et engendre un mouvement autour de ses deux surfaces (intrados en dessous et extrados en dessus). La dépression ainsi crée en dessus, aspire l’ensemble vers le haut.
Plus l’aile va vite, plus elle monte.
Moins elle va vite, moins elle est aspirée, au point qu’à une vitesse trop faible, elle tombe (c’est le décrochage).
On a inventé un avion.
Si on parvient à faire tourner cette aile autour d’un axe vertical, on obtient le même résultat.
On aura crée une machine à voilure (aile) tournante.
Si elle tourne toute seule (enfin presque), c’est un autogire.
Si elle tourne à l’aide d’un moteur, c’est un hélicoptère.
L’explication du vol peut se limiter à cela.
Les curieux se poseront bien d’autres questions, du genre :
Pourquoi le rotor de l’autogire tourne t’il puisque ce n’est pas le moteur qui l’anime ?
Réponse : souvenez-vous de vos petites hélices d’enfant que vous faisiez tourner en courant.
Et bien là, c’est exactement la même chose. Sauf qu’au lieu de courir, on a ajouté un petit moteur et une petite hélice, pour avancer et fabriquer le courant d’air. Si ce petit moteur s’arrête, ce n’est pas grave, il suffit de descendre doucement pour continuer a faire un courant d’air.
Autre question : pourquoi, un hélicoptère peut il décoller verticalement ?
Parce que sur un hélicoptère, c’est un gros moteur qui fait tourner le rotor. Il n’a donc pas besoin de courant d’air. Par contre, si le moteur s’arrête, tout le monde dégringole. C’est pour cette raison que les hélicoptères modernes on deux moteurs. Mais c’est très cher et très compliqué.
Pour cette raison, l’autogire qui avait été oublié pendant un demi-siecle reprend activement sa place dans la hiérarchie des machines volantes.
Dernière question. Pourquoi fabriquer des machines à voilure tournantes, alors qu’un avion vole très bien.
Parce que seul un autogire ou un hélicoptère peut voler aussi lentement, voire même s’immobiliser. Ce qui leur permet également de décoller ou d’atterrir sur des terrains très petits au lieu d’immenses aérodromes.
Et pour terminer, de par sa conception, l’autogire est sans doute une des machines volantes les plus sécurisantes au monde, car il n’est pas trop handicapé par la panne moteur, et surtout il ne peut pas décrocher (tomber).
Propos écrits et illustrés par mon ami pilote d’autogyre et ancien pilote de chasse : Alain Le Henaff

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